SIS-sevres

Service Civique : un engagement citoyen utile et formateur

par Anne CORNELL-POURET

Depuis l’année dernière, les SIS accueillent des jeunes en Service Civique pendant l’année scolaire pour travailler sur des projets dans le domaine de l’éducation et le développement international. Marine Pirodeau et Charlier Pelletier ont commencé leur mission au sein de notre association en septembre 2015. Ils ont travaillé sur deux grands projets sous l’égide de Claire Dray : un programme anti harcèlement et le Club UNESCO. Le bilan de cette année est très positif pour nos élèves et pour nos établissements partenaires. Marine et Charlie nous raconte leurs expériences et leurs impressions des sections internationales.  

Marine Pirodeau étudie à l'Ecole Supérieure de Commerce à Clermont-Ferrand. Elle prépare un Master 2 de Management et souhaite travailler plus tard dans les relations internationales, dans une association ou un ONG. Elle était chargée du projet Club UNESCO avec notre établissement partenaire, l’école Primaire Gambetta. Cette expérience au sein des SIS l'a fait découvrir le fonctionnement d'une association et le milieu de l'éducation des enfants.

Charlie Pelletier est en dernière année d'un Master 2 de Psychologie à l' Université de Paris Descartes. Il se spécialise dans la santé au sein des hôpitaux. Plus tard, il souhaite travailler en tant que psychologue dans une maison de retraite. Charlie était chargé du projet anti harcèlement et maintenant, grâce à cette année aux SIS, il réfléchit à la possibilité de travailler aussi avec les enfants.


Comment avez vous trouvé l’idée du projet anti harcèlement ?

Charlie : Quand nous sommes arrivés au mois de septembre, Claire Dray avait une demande qui était de monter un programme anti harcèlement. Elle nous a demandé de trouver des idées pour améliorer le climat scolaire aux SIS.

Qu’est ce que vous avez trouvé comme idée ?

Charlie : Nous avons crée un site d'information pour les élèves, les parents, et les professeurs sur l'harcèlement. Sur ce site, il y a la possibilité d'envoyer un message de façon anonyme. Puis, on a rencontré tous le collégiens des SIS à Chaville et Sèvres en classe entière pour leur parler d'harcèlement pendant une heure et demi. A chaque fois, Marine et moi étaient seul avec la classe, sans professeur, sans directeur. Il fallait un terrain neutre. On disait qu'on n'était pas la pour les sanctionner, ni pour les juger, ni pour les gronder. On est là pour vous transmettre des connaissances pour que votre vision change et pour dialoguer avec vous.

Comment ont-ils réagi ?

Charlie : Ça a très bien marché. Les élèves ont apprécies ces moments. Il n'y avait qui ne savait vraiment pas ce que c'est le harcèlement. Ça leur a permis de mettre des mots sur des comportements qu’ils avaient sans pour autant savoir que c'était du mauvais comportement. Pour eux c'était marrant et jamais ils ont dit que ‘c'est vrai que je fais du mal à quelqu’un’. Le fait d'en parler les a ensuite intéressé et ils se sont venus pour nous dire ceux qu'ils vivaient, ceux qu’ils ont subi - parfois devant leur classe et parfois individuellement. 

Quel âge parlait plus?

Marine : Je trouve que c'était plus les 6 èmes et les 5 èmes - ils avaient une certaine innocence. Les 4 èmes et les 3 èmes font plus d'attention à ce que les autres pensent d'eux. 

Charlie : Ils contrôlent un tout petit peu plus leur image mais c'est pas pour autant qu'ils ne comprenaient pas ceux qu’on leur racontait. Après, on les invitait de venir au bureau pour en parler.

Comment ça fonctionne?

Charlie : Ils peuvent venir quand ils veulent. C'est surtout entre les cours et après les cours. Le fait qu’on a parlé de tout ça, il y avait un moment assez difficile aux sections, entre le mois de décembre et février -  il y avait énormément des histoires. Tout d'un coup, la parole s'est libérée de tout le monde, des parents, des élèves, des professeurs. Deux ou trois se sont venus nous voir en nous expliquons que certaines élèves se sentaient mal. On s’est retrouvé avec 5 ou 6 personnes à aider au même temps. Beaucoup nous avons dit ‘mais on ne savait pas quoi en faire et grâce à vous, on sait quoi faire, on sait qui prévenir’.

Que faites vous depuis les dernières vacances ?

Charlie : Camille Plantevin, parent d’élève et actrice professionnelle, a rencontré les classes de 6ème et 5ème au collège de Sèvres et Chaville pour leur faire jouer des scènes de théâtre associé au harcèlement. Pour que ça marche bien, on lui a donné des comptes rendus de nos interventions et elle a créé des scènes de théâtre en relation avec ce qui avait été dit pendant les groupes de paroles. Il y avait vraiment une spécificité pour chaque groupe. Par exemple, certaines parlaient des problèmes entre les nationaux et les inters, d'autres parlaient de l'internet.  Puis, Camille les a fait joué en français ou en anglais devant les plus grand - les 4 èmes et les 3 èmes. On n’a jamais forcé les élèves de le faire, mais les élèves adorent ça.

Marine : Et c'est vraiment la spécificité des élèves SIS, c’est ce qu’on voit par rapport aux élèves nationaux. Ils sont super volontaire et même ça leur plait de travailler sur ces thèmes, de travailler le théâtre.

Quelle est la suite de ce projet pour l’année prochaine ?

Charlie : Maintenant, on va plutôt se concentrer sur "Comment bien vivre aux SIS".

L'autre projet est le Club UNESCO. Qu'est ce que c'est?

Marine : La Fédération Française Pour l’UNESCO a mis en place des clubs UNESCO pour contribuer à développer une culture de paix. Les SIS est membre de cette fédération et donc nous avons créé un club à l’école Gambetta pour les élèves de CM1 et CM2. L'objectif était de discuter avec eux du monde qui les entoure et des thèmes comme la liberté d'expression, la démocratie, et la discrimination.

Charlie - C'était crée l'année dernière et c'était une demande de Claire Dray de le refaire cette année. 

Marine : C'était aussi une volonté de ne pas faire quelque chose uniquement avec les élèves des SIS mais d'intégrer les autres élèves. C’est aussi l'esprit des SIS. La directrice de Gambetta était ravie et elle nous a facilité la tâche pour pleines choses. Tout était fait avec une efficacité complète.

Charlie: Ca rentre dans l'idée de ne pas couper le contact avec les élèves nationaux et de les faire bénéficier d'un savoir. Nous organisons des ateliers chaque jeudi de 13h00 à 14h00. Le thème change entre chaque vacances.

Marine : On essaie de faire en fonction des évènements ou de l'actualité. Les premières séances on leur a fait réfléchir sur le réchauffement climatique. On leur a montré des vidéos et ils ont fait des dessins. Après, on a organisé un COP 21 à Gambetta.

Charlie : Le deuxième thème était la liberté d'expression – un an après les attentats de Charlie Hebdo. C'était d'abord de créer un dessin et ensuite de créer leur propre journal. Le troisième thème est la discrimination. Ils réalisent un reportage et interviewent des gens. J'amène ma camera tous les jeudis et ils vont chercher des gens dans le cour de récréation - des petits et des grands – pour parler devant la camera.

Marine : Ils aiment bien tous qui est interactif. Ils aiment bien faire les dessins et ils ont pleins d'idées. Ils sont enthousiastes et motivés. L'idée de Claire Dray est de développer le club UNESCO éventuellement au Collège.

Quelle image avez vous maintenant des SIS?

Charlie : Pour avoir été élève au Lycée de Sèvres, je ne savais pas que ça s'appelait SIS - on les a appelé souvent les 'inter.' Je ne savais pas que c'était une association de parents d'élèves. Aujourd'hui, c'est plus un mystère. C'est une chouette organisation.

Quelle est la différence entre un élève des SIS et un élève national?

Charlie : L'ouverture, l'enthousiasme et ils sont très optimistes.  

Marine : C'est une autre façon de voir la vie et de voir l'avenir. Ca fait un peu cliché dit comme ça, mais ils sont très optimistes, ils sont très volontaires, et ils ont beaucoup d'idées - sans pour dire que les élèves nationaux n'ont pas forcement tout ça.

Charlie : On ne stimule pas tout ça chez eux. L'avantage aux SIS, c'est que l'équipe stimule leur créativité et leur optimisme. Donc, ce sont des gamins qui sont ultra positifs. Quand on les a rencontré en classe, ils étaient faciles sauf pour un ou deux classes qui avaient des personnalités fortes.

Marine : Même au niveau des idées, on voit qu'ils ont beaucoup de réflexion pour leur âge. Des fois on était vraiment impressionné. A leur âge, on n'avait pas ce type de réflexion parce qu'on n'était pas assez poussé par nos parents ou même par le système scolaire. Je pense qu'ils ont plus conscience du monde qui les entoure et des réalités parce que ils se sont allés à l'étranger et ils ont vécu des expériences à l'international. 

Charlie: Le côté négatif est qu'il faut canaliser une telle énergie. Il y a une vraie énergie. Après, j'ai su l'utiliser mais il m'a fallut un peu de temps pour apprendre parce que c'est surprenant, mais très positif. 

Marine : Je pense que les élèves n'ont pas forcement conscience de la chance qu'ils ont d'être aux SIS. J'aurai vraiment adorer intégrer les SIS. Ils sont très ouverts et ils étudient vraiment des choses intéressantes avec leurs professeurs même pour plus tard. Je pense qu’ils ont plus de chance de réussir.

Charlie : Appartenir aux SIS, c'est un réel plus et pas que pour leur diplôme. Je parle de toutes les compétences qui soient acquises autour. 

Marine : Et pour l'ouverture de l'esprit. 

Charlie : En fait, c'est un double avantage. L'avantage des SIS parce qu'ils bénéficient d'un enseignement qui est extraordinaire et change de ce qu'ils ont. Et l'avantage du collège public comparé au privé, est qu'il y a une diversité culturelle. Le fait de se confronter à des milieux différents stimule leur adaptation. Ils s'adaptent à des gens qui sont différents de nous qui ne pensent pas de la même manière. Il y a aussi un climat d'excellence au sein des SIS. Il y a une demande qui est tellement forte qu’on trouve des élèves qui sont très bon scolairement. 

Le service civique, qu’est-ce que c’est ? Depuis six ans, le service civique offre aux jeunes de 16 à 25 ans l’opportunité de s’engager, de donner de son temps à la collectivité et aux autres. Il représente également la possibilité de vivre une expérience formatrice et valorisante parmi de nombreuses missions, dans des domaines très divers. Il a en pour objectif de renforcer la cohésion nationale et la mixité sociale. 

Plus d’informations sur www.service-civique.gouv.fr 

 


Par : Cornell-Pouret le 01/06/2016

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