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L'école à la maison : les enseignants, les enfants et les parents prennent leurs marques

Par Anne Cornell-Pouret | 02 avril 2020

Teaching an online class

« Hi, everyone, hope you're all behaving yourselves for mum and dad. » Assise à sa table de cuisine, Catherine Potter, commence son cours en langue anglaise pour les élèves de primaire derrière son ordinateur tandis que dans une autre ville, Ina Effenkammer termine un cours d’allemand en saluant son groupe de lycéens : « Tschüss, habt einen schönen Abend, passt auf euch auf! Bis zum nächsten Mal! »

Depuis le 16 mars, les 56 enseignants et 1350 élèves des Sections Internationales Paris Ouest (SIS Paris Ouest), structure associative partenaire de l’Education Nationale en charge d’une section anglophone et d’une section germanophone, échangent à distance pour respecter le confinement imposé par l’épidémie de Covid-19 en France. 

Les professeurs assurent les cours depuis chez eux via la plateforme G Suite for Education en faisant preuve d’ingéniosité pour maintenir une pédagogie « à l’allemande ou à l’anglaise » au cœur de la transmission des savoirs et des compétences. Ils suivent leurs emplois de temps habituels et communiquent avec leurs classes via Google Classroom, Meet ou YouTube selon l’âge des élèves. Le bilan de cette troisième semaine de cours à distance reste très positif. Selon Claire Dray, directrice de SIS Paris Ouest : « La mise en route a pu être un peu compliquée pour les élèves et les familles le temps de se familiariser avec l’utilisation des outils numériques et ce nouveau rythme qui sous-entend un remaniement organisationnel familial général. En effet, la plupart des parents télétravaillent. Ils ont besoin de leurs ordinateurs pour maintenir le lien avec leur activité professionnelle et n’ont pas forcément de matériel supplémentaire à disposition pour leur enfant. En outre, certaines familles ont également choisi de partir à la campagne. Leur connexion internet peut être instable ce qui rend leur participation aux cours virtuels plus aléatoire. »

Catherine Potter, chef du département primaire anglophone, confirme qu’il a fallu un certain temps pour maîtriser les outils technologiques mais toute l’équipe s’investit avec enthousiasme et dévouement. Elle ajoute : « Les classes virtuelles sont plus compliquées pour les jeunes enfants mais nous apprenons de nos expériences et personnalisons notre approche pédagogique pour être efficace. » C’est un sentiment partagé avec le chef du département primaire germanophone, Sabine Ide-Mallon : « Les deux premières semaines tout le monde a dû apprendre à utiliser de nouveaux outils. C'était un vrai défi! »

Pour les élèves du secondaire, le numérique fait partie de leur quotidien. « Maintenant qu’ils ont compris comment mettre le microphone en sourdine et comment télécharger leur travail sur la plateforme, mes élèves de collège arrivent à bien travailler » explique Candida Buxton, Coordinatrice des sites de Saint-Cloud. Les outils permettent de s’exprimer autrement affirme Stephanie Daly, enseignante de Littérature anglaise : « L’option ‘chat box’ est super, surtout pour les élèves qui sont parfois trop timides pour exprimer leur point de vue dans un cours classique. » 

Même les classes de maternelles poursuivent leur programme avec l’aide précieuse des parents. « Nous utilisons une combinaison de tutos vidéo, d’appels vidéo de groupe, du travail sur papier, des jeux et des ressources numériques pour aider à maintenir le progrès de nos élèves les plus jeunes » explique Ralph Tidmarsh, responsable des enseignements externes anglophones, en indiquant que les résultats sont très encourageants.

Les ateliers du mercredi continuent grâce à la créativité des enseignants qui proposent un mélange d’activités à la fois ludique et pédagogique en anglais ou en allemand. Dans la section anglophone, les professeurs « communiquent via vidéoconférence ou YouTube pour mener des ateliers sur des sujets scientifiques, sportifs, artistiques, historiques ou de théâtre » rapporte Ralph Tidmarsh en ajoutant que l’équipe travaille aussi sur « comment encourager les interactions sociales entres élèves pour lutter contre l’isolement. » Dans la section germanophone, Sabine Ide-Mallon ajoute : « Les profs envoient les films en langue allemande des artistes et des chansons avec des consignes. Donc les élèves peuvent dessiner, peindre, bricoler et chanter à la maison en allemand. »

Du côté des parents comme des enseignants, la révolution est grande et cela nécessite une certaine organisation à la maison. Les parents jouent un rôle important selon l’âge des enfants. Un parent d’élève de primaire a témoigné que « ce n’est pas facile de partager un ordinateur entre deux enfants. Mais nous faisons de notre mieux. »

Selon Marc Lemperière, père de deux enfants au collège en section anglophone, « Notre famille n’a pas vraiment rencontré de difficultés. Les enfants ont eu accès à la classe virtuelle deux jours après le début du confinement et ont maintenant des cours 3 fois par semaine. Ma fille est d’ailleurs actuellement en plein mock iGCSE virtuel. Tout se passe vraiment bien. La continuité de cours permet de maintenir un rythme et de casser la monotonie du confinement. Nous sommes très impressionnés par la mobilisation des enseignants et de l’administration de SIS Paris Ouest pour assurer la continuité des enseignements. Ils auront tous bien mérité leurs vacances ! »

Pour nos lycéens, la plupart des parents constate que leurs enfants ont encore gagné en autonomie : « Mon fils a été obligé d’organiser son temps et il a pris ses apprentissages en main » constate une mère de lycéen.  

Les élèves font également des retours positifs : « La durée des cours est raccourcie et nous rentrons dans le vif du sujet plus rapidement » dit Erik, élève de 1ère, installé sagement dans sa chambre face à l’écran de son ordinateur. Écouteurs sur les oreilles, Victor, 14 ans, raconte : « Ce que j’aime le plus, c’est l’autonomie ». En revanche, ils sont tous d’accord : « Le contact avec mes amis me manque ».

L’équipe administrative continue elle aussi à travailler à distance et gère les demandes d’admission pour la rentrée 2020 grâce à des outils 100% dématérialisés mise en place en 2018. En fonction de l’évolution de la période de confinement, Claire Dray précise qu’ « une dernière session des tests sera organisée soit sur place soit totalement à distance comme nous avons l’habitude de le faire depuis de nombreuses années pour les candidats qui habitent en dehors de l’Europe ».

Concernant les examens de fin d’année scolaire (le Brevet, le Baccalauréat et les épreuves OIB), les équipes pédagogiques n’ont pas de visibilité pour le moment sur leur maintien. Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Education nationale, devrait faire des annonces en fin de semaine concernant l’organisation retenue en ces circonstances exceptionnelles. 

Pour la Directrice de SIS Paris Ouest, les équipes « ont fait preuve d’une très grande réactivité pour adapter leurs enseignements aux conditions actuelles et assurer ainsi une continuité pédagogique nécessaire pour maintenir le lien avec leurs élèves. Nous resterons mobilisés pendant toute la période de confinement jusqu’à la reprise des cours en présentiel et continuerons à être à l’écoute des retours de nos élèves pour mettre en place les réajustements nécessaires au fur et à mesure. »

Les enseignants sont en train de vivre une « sorte de révolution » contrainte par cette crise sanitaire mondiale. Ils apprennent à enseigner autrement, développent une relation à l’apprenant nouvelle. Une chose est certaine : l’exercice de leur métier après la crise aura une tout autre envergure !

 

 

 

 


Par : Cornell-Pouret le 02/04/2020

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